L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

17.8.15

"Baby it's all beyond control"

Cela fait des mois et des mois que j'ai peur d'écrire cet article, même si une partie de moi en ressent le besoin et que, surtout, j'estime qu'il faut bien le dire tout haut, arrêter d'être dans le déni. Vous n'êtes pas stupides et cela se voit clairement que ce blog vit plus qu'au ralenti. Le terme vivoter est d'ailleurs plus approprié. Nous avons posté sept articles en 2015, et encore, l'un d'entre eux a été rédigé par une amie. En 2014 déjà les premiers indicateurs étaient là, à nous deux, nous avions pondu dix-neuf petits articles. Avec beaucoup d'amour, certes, mais tellement d'irrégularité. 

Alors voilà, je sais que vous êtes tout de même plusieurs à nous suivre quasi depuis le début, ou à nous avoir rejointes en cours de route, et nous avoir soutenues vaille que vaille, et nous vous devons tout de même des explications à ce quasi silence, plutôt embarrassant d'ailleurs quand on se targue de parler musique. La vérité, c'est qu'on s'est laissées prendre comme des merdes. Par le temps, par la vie. Tenir un blog représente un énorme investissement, aussi bien moral qu'en matière de temps. C'était tout à fait faisable lorsque nous étions encore au lycée ou au début de nos études. Avec l'âge, les responsabilités arrivent et, à 23 et 24 ans, on ne sait où donner de la tête. Et même si nous nous étions jurées que TEA n'en pâtirait pas, force est de constater que c'est rapé. 

Et oui, c'est dommage. Car cette aventure m'a apportée tellement, et je pense pouvoir ici parler aussi pour ma chère collègue helvète en écrivant cela : TEA nous a apporté plus que ce que nous pouvions imaginer. Des amis, des rencontres incroyables, des découvertes majeures, une sacrée expérience, des échanges enrichissants, des moments d'intense joie, et des instants de doutes et d'engueulades, aussi. TEA a fait en partie ce que nous sommes aujourd'hui.

Je ne pense pas que nous voulions abandonner le bébé, mais effectivement, nous avons été de bien piètres mères ces derniers temps. Cela va sûrement reprendre, mais certainement pas à la cadence de deux articles par semaine que l'on arrivait à tenir, parfois. Peut-être que nous continuerons à écrire mais seulement une ou deux fois par mois, un peu comme maintenant, en se sentant malgré nous coupables d'un tel délaissement mais également impuissantes face à toutes les autres obligations qui se sont désormais greffées à notre quotidien. En fait on ne sait pas. Mais on aime TEA et surtout, on vous aime. 

Pour ne pas vous avoir fait cliquer pour rien, j'ajoute une playlist de ce que j'ai écouté le plus clair de mon été. Bisous.



Illustration par ✞ Eva May Chan

8.7.15

"Envie de rien, besoin d'un foie"

Ventre de Biche
Viens Mourir

"Plus rien à faire / Plus rien à boire, plus rien à fumer / Je regarde une meuf et j'attends qu'elle vienne me parler / Elle vient pas / Un Arabe de quarante ans complètement pété / Viens me taxer une clope / Oh pourquoi, cet Arabe c'est pas toi ?"
Meilleures paroles depuis un bon moment. Qui n'a jamais vécu quelque chose de similaire à un moment donné, à une soirée sur le déclin dont on attendait plus ? Ces paroles, scandées dans l'urgence par un petit mec qui ne paye pas de mine avec sa casquette et sa veste Adidas dans une crade salle de Bruxelles en avril dernier sont coincées dans ma tête, avec les synthés parfaits qui vont avec. L'auteur, Ventre de Biche, est une claque comme je ne m'en étais pas pris depuis très longtemps, blasée comme une connasse par des concerts à répétition où l'on va plus histoire de voir les potes et boire des Jupiler que pour découvrir un groupe. La chanson, "Plus rien à faire", tourne en boucle sur ma platine depuis. Comme le reste de l'album, que j'ai eu à moins cher car le petit mec était trop décalqué après sa performance pour pouvoir rendre la monnaie. 


"Quand tu me parles j'ai mal à la tête / Assis dans le salon, comme des cons / Obligés de gueuler, comme des sourds / Putain si j'avais su, j'serais resté chez moi"
Le petit mec, et je me permets de l'appeler comme ça car je le soupçonne d'être plus jeune que moi, c'est Luca Retraite, un Lyonnais qui a trouvé refuge à Strasbourg. Là-bas, il a rejoint le fameux collectif la Grande Triple Alliance Internationale de l'Est, ces mecs bien barrés (Scorpion Violente, Noir Boy George, Delacave, The Dreams ou bien The Feeling of Love) qui font que j'ai encore espoir en la scène française. Depuis quatre-cinq ans, Luca Retraite fait de la musique tout seul sous le blase Ventre de Biche ou avec des copains dans des groupes répondant aux doux noms de Sida, Charnier ou encore Lésion Blanche. Après avoir enregistré des chansons à l'arrache pour ensuite les distribuer lors de concerts via sa petite structure DIY Maison de Retraite, Ventre de Biche a sorti un premier vrai album, Viens Mourir, en avril dernier sur Teenage Menopause Records, le label d'Elzo Durt (lisez notre interview fleuve au passage).

11.6.15

[GUEST] Why the Fuck? Pourquoi et comment regarde-t-on de la pornographie ? Partie 1

Le web à gorge profonde me fascine et provoque en moi un flot d’interrogations. Une immense partie de l'internet est peuplée de contenus pornographiques dont l’audience est énorme. Et même si j'évolue dans un milieu où parler de sexe est loin d'être tabou, je constate que dévoiler les méandres de ses visites en navigation cachée n'est pas toujours aisé. J’ai donc décidé de poser quelques questions autour de moi à travers un questionnaire en ligne afin de faire ma propre petite étude anthropologique maison.

POURQUOI ET COMMENT REGARDE-T-ON DE LA PORNOGRAPHIE? 
Partie 1
par Clitorine
Source : Actual Food Porn
Le questionnaire
J'y ai compilé toutes les questions qui me trottaient dans la caboche. A noter que pour simplifier, j'ai étendu la définition de la pornographie à tout contenu comportant des images de personnes nues. Vous pouvez le consulter et y participer en suivant ce lien, vos réponses serviront peut-être de matière à un nouvel article, qui sait ?
Au total, j'ai récolté pour ce papier 34 réponses qui se situent dans une tranche d'âge de 20 à 35 ans, dont 60% sont des femmes. Ce n'est pas faute d'avoir sollicité autant de mâles que de femelles, mais il faut croire que celles-ci étaient plus enclines à répondre. Outre cette inégalité de réponses, vous comprendrez que ces résultats ne sont pas représentatifs des pratiques majoritaires de la société. Cependant, ils permettent d’avoir un petit aperçu de la chose.

6.5.15

Un petit guide de Bruxelles

vue depuis la cathédrale 

En septembre 2012, j'immigrais, petite Française, en Belgique, à Bruxelles, complètement par hasard. Je ne pensais pas y rester longtemps, et puis finalement, sans crier gare, je suis tombée amoureuse de la ville et ai décidé d'y rester, au moins pour un temps. Ça fait bien longtemps qu'on ne vous avait pas proposé de guide sur TEA, et comme je remarque que de plus en plus de mes connaissances décident d'y faire une visite le temps d'un week-end, je me suis dit qu'un petit topo s'imposait. Voici donc, en toute subjectivité, un petit guide de Bruxelles.

la périphérie

Une ville, une région
Petit précis géographique tout d'abord. Quand on parle de Bruxelles, on parle surtout de la Région bruxelloise. Une des trois régions de Belgique avec la Wallonie et la Flandre. La Ville de Bruxelles en elle-même est vraiment toute petite, et vous aurez vite fait de la quitter pour vous retrouver dans une autre des communes qui constituent la région. L'agglomération de Bruxelles, composée de 19 communes, est, comparée à Paris, franchement vivable, avec un tout petit peu plus d'un million d'habitants. Une capitale à taille humaine. Beaucoup de choses peuvent se faire à pied, mais si vous voulez sortir un peu des sentiers battus et du centre touristique, vous devrez sûrement prendre les transports. Chaque commune et quartier a ses lieux de rassemblement, ce qui fait qu'on bouge pas mal mine de rien. 

excepté corbillard

17.4.15

"Allez prends ma main, dis moi des merveilles, ..."

Après une longue gestation, il est arrivé, soleil, lumière et détente. À point pour le printemps, le fribourgeois Muddy Monk a pondu un album qui fleure bon l'amoureux du sud, la sensualité cliché et tout le tralala banana banana henrisalvadora. Or, quand reviennent les saintes-glaces, le petit tic de l'avril-ne-te-découvre-pas-d-un-fil, on l'apprécie chaudement, cet Ipanema. Un album love comme Sebastien Tellier, plage comme "les véliplanchises" de Flavien Berger et jazz/bossa nova comme toutes les référence à gratter dans le titre et le nom de l'artiste. En prime, une dose de street cred importée de France étaie l'album. Pour cet ancien fan de hip hop, ça évoque l'amour et le bled. Pour nous, Muddy Monk c'est typiquement ça : un gars du coin qui, si si, fait les choses bien. Pour la découverte, on l'a rencontré au café et discuté musique, angoisses et ambiance sous-marine.

Mini Monk

MUDDY MONK
IPANEMA