L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

17.4.15

"Allez prends ma main, dis moi des merveilles, ..."

Après une longue gestation, il est arrivé, soleil, lumière et détente. À point pour le printemps, le fribourgeois Muddy Monk a pondu un album qui fleure bon l'amoureux du sud, la sensualité cliché et tout le tralala banana banana henrisalvadora. Or, quand reviennent les saintes-glaces, le petit tic de l'avril-ne-te-découvre-pas-d-un-fil, on l'apprécie chaudement, cet Ipanema. Un album love comme Sebastien Tellier, plage comme "les véliplanchises" de Flavien Berger et jazz/bossa nova comme toutes les référence à gratter dans le titre et le nom de l'artiste. En prime, une dose de street cred importée de France étaie l'album. Pour cet ancien fan de hip hop, ça évoque l'amour et le bled. Pour nous, Muddy Monk c'est typiquement ça : un gars du coin qui, si si, fait les choses bien. Pour la découverte, on l'a rencontré au café et discuté musique, angoisses et ambiance sous-marine.

Mini Monk

MUDDY MONK
IPANEMA




16.3.15

Tractopelle

On parle beaucoup des Riot Grrrls ces temps. Les vingt années réglementaires pour un véritable "revival" sont passées, chacun peut y aller de sa contribution. D’un côté, Arte a sorti son documentaire plutôt pas mal samedi dernier, à proximité fortuite avec la journée de la femme (et puis ça tombe bien, en parallèle HBO vient de sortir son trailer pour un docu sur le Christ Kobain, pathos à la pelle). Du côté des initiatives à petite échelle, on retrouve l’équipe de l’excellent Making Waves Zine, qui publie son troisième numéro. Des filles partout, des filles énervées avec des choses à dire, des groupes féminins à tour de bras et des débats sur le harcèlement, le féminisme, le porn plus respectueux et l’égalité au goût du jour. Le timing semble parfait.

En marge de la sortie du documentaire sur Arte, le Nouvel Obs a publié un article relevant la forme "particulière" de communication et de propagation du mouvement : le fanzinat. Micro-éditions papier, "beaucoup de zines sont des confessions, des sortes de journaux intimes publics. Les filles y font leur coming-out, ou racontent des histoires d’inceste, de viol, d’anorexie... Ce sont des lieux d’entraide, des “safe spaces” où elles peuvent se livrer sans risque." cite la journaliste. Skyblogs de l’avant internet, les fanzines de ces filles souvent hyper jeunes servent à créer un réseau tout en encourageant chacun(e) à faire quelque chose de ses mains et avec ce qu’il y a dans les têtes.

Bien sûr, le phénomène n’est pas nouveau dans les années nonante et il n’a pas complètement disparu aujourd’hui. Tout amateur de musique ou d’art a déjà rencontré un fanzine. De nombreuses expos, collectifs et festivals les mettent à l’honneur. Il y a dans ces impressions une sorte de fantasme romantique : on va faire un truc entier, un truc concret, un "journal" fait maison avec Indesign ou de la colle et des ciseaux. Or, bien souvent, les fanzines "modernes" sont plus orientés vers le dessin, la photo ou la BD. Au dernier Monstre festival à Genève par exemple, sur les deux-trois étages de stands couverts de publications toutes plus jolies les unes que les autres, seul un mini pourcentage proposait des textes, souvent bien engagés comme ci-dessous :

6.3.15

“The present circumstance, you can change it, you’re absolutely free”

Ça fait longtemps qu'on n'a plus parlé tout simplement de groupes sur TEA, avec la vocation d'un blog de musique qui évoquerait ses nouvelles/anciennes passions. Une tendance aujourd'hui réparée puisqu'au gré de programmations audacieuses, on se retrouve encore avec bonheur à tomber sur des groupes inconnus et complètement géniaux. La dernière en date :

ABSOLUTELY FREE
"On était en tournée avec toutes nos affaires dans notre van, c'était déjà tard le soir et les conditions étaient mauvaises. Au bout d'un moment on a carrément dû s'arrêter tellement il y avait de brouillard. On a passé plusieurs heures coincés là, à ne rien pouvoir faire. Ça fait partie de ces moments hors du temps." c'est ainsi que Matt King, tout transpirant après son concert au Bad Bonn, m'introduit ses paroles éthérées de la chanson "Beneath the Air", une sorte de balade psyché-à-la-Tame-Impala au clip tout dessiné :


Plus romanesque tu meurs. Nous venions de discuter de l'importance qu'on accorde aux paroles des chansons et comment lui les conçoit pour ses compositions. La réponse ne casse pas des briques : en gros, les paroles sont importantes pour lui, même s'il est difficile d'avoir l'assurance nécessaire pour les scander. Qu'il se rassure, la plupart de ses évocations poétiques se fondent dans la masse sonore des compositions. A mon goût, ce qui fait avant tout le charme d'Absolutely Free, c'est plutôt ces changements de rythme, d'une lourde tendance martiale vers quelque chose de plus éthéré slash voyage intergalactique comme ici :

26.2.15

"You can go deep into it if you want to"

Lundi dernier, Lesley Gore est morte. Mon cœur pleure. En effet, la vieille dame avait une place toute spéciale dans mon Panthéon personnel en raison de sa superbe interprétation de "You Don’t Own Me", une chanson érigée en hymne féministe dès sa sortie au début des années soixante (tellement qu'il existe aussi une version québécoise du titre, qui est plutôt drôle (surtout si on aime les coiffures qui défient les lois de la gravité), et une récente campagne de mobilisation de femmes américaines, dans laquelle participent tout un tas de meufs cools) :


Mais c’est avant tout parce qu’elle a marqué un passage dans mon rapport à la musique que cette chanson reste une de mes préférées de tous les temps. Je l’évoquais déjà naïvement dans notre article du sixième anniversaire de TEA : "You Don’t Own Me" est probablement l'une des premières chansons qui m’a autant, voire le plus, marquée pour ses paroles que pour ses qualités esthétiques. En soi, cette chanson est un véritable manifeste d'ado-peste sous couvert d'air niais et gentil : "je suis libre et indépendante, tu n'as aucun droit sur moi, je fais ce que je veux" BAM.

Ce qui nous amène au véritable sujet de cet article :

Quelle est l’importance des paroles dans la musique ?

25.12.14

Rockin' around the Christmas tree IV

En cette période fortement marquée par les traditions, chez TEA, on s'invente aussi des habitudes. Ainsi, pour la quatrième année consécutive, on vous présente la liste de noël des groupes. Comme en 2011, 2012 et 2013, nous avons demandé à des artistes qui ont marqué notre année de choisir trois cadeaux qu'ils voudraient trouver sous leur sapin. 

✎ La Wishlist de Angus Andrew (LIARS) 
En tant qu'habitant de Los Angeles, le chanteur australien des LIARS aimerait avant tout fêter noël avec toute sa famille réunie. Mais comme c'était un peu cheesy, il a rajouté :

"Un nouveau complet, une machine à laver le linge et un arbre pour mes deux chats."