L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

23.3.14

Reine de l'océan

Dernièrement, je parlais du fait que je n’avais jamais été fan. Mais cette incapacité chronique à se consacrer à un seul artiste / groupe / sujet n'exclut pas des centres d'intérêt assez prononcés. Souvent passagers certes, mais sincères et documentés, du moins suffisamment pour justifier l’inauguration d’une nouvelle rubrique "Passions" sur TEA.

PASSION SEICHES

J'adore les seiches et tout le monde s'en carre. Pourtant, quand on était petits, il était tout à fait commun de poser la question "quel est ton animal préféré ?". Et l'on démontrait par a + b pourquoi tel être de lumière méritait d’être l’élu de notre cœur (le chat est noble, il atterrit toujours sur ses pattes et il voit dans la nuit, le sanglier est certes un peu bourru, mais contrairement à son apparence il peut nager de longues distances, etc. etc.). 
Depuis, ça s’est un peu tassé. Mes interlocuteurs "adultes" s’intéressent en général plus à mon parcours qu’à mes maigres connaissances zoologiques. Grand bien leur fasse, même si à y regarder de plus près, certains talents d'animaux feraient super classes sur un CV. Être une seiche, notamment, pourrait s'avérer être un plus dans le cadre d'une candidature. Voilà pourquoi :

#1 La seiche est forte d'une longue expérience
Pour commencer, la seiche a une histoire beaucoup plus longue que nous, pauvres humains. Tout comme ses cousins les pieuvres et les calamars, elle fait en effet partie de la famille des céphalopodes (littéralement "une tête avec des pieds"). Ces mollusques sont super vieux à l'échelle de la vie sur Terre. Ainsi, les seiches seraient apparues au dévonien, c'est-à-dire à une époque où les insectes commençaient à peine à coloniser la terre ferme et où les reptiles n'étaient encore qu'un fantasme lointain. Autant dire que ses arrières-arrières-arrières-(...)-arrières-grands parents ont dû en voir des belles. 

#2 Elle est rapide, parfaitement intégrée à son environnement
En un bon million de générations, la seiche a eu tout loisir de perfectionner son équipement pour évoluer sans encombres dans son environnement sous-marin. Bonne nageuse, elle se propulse telle une torpille en vomissant de l'eau à la manière d'un moteur à réaction de fusée. L'espèce de membrane-jupette qui entoure sa tête lui sert de gouvernail tandis que son unique os, logé dans sa tête, assure sa stabilité.

#3 LE CAMOUFLAGE
D'ailleurs si l'on excepte ledit os, la seiche n'est grosso merdo rien d'autre qu'un amas de protéines flottant au fond de l'océan. A ce sujet, le fin connaisseur de la bête Roger T. Hanlon a souvent été taquiné par des collègues qui lui demandent pourquoi il consacre ses recherches à "la culture de la betterave". Blague de biologiste à part, il est vrai que c'est assez triste pour un animal jugé intelligent et capable d'apprendre des gestes simples, d'être destiné à finir dans l'estomac d'un tas d'autres prédateurs lourdauds.

20.3.14

"Ce n'est pas facile d'aimer ce que je fais"


Depuis que nous avons lancé TEA, nous avons découvert une foule de choses bizarres. Vraiment. Si bien qu'on a fini par développer un certain goût pour l'anormalité (sans la connotation péjorative que l'on pourrait associer à ce terme). Et pourtant, on se laisse encore surprendre, et pas qu'un peu. Plus on creuse et plus on rencontre des personnages grandiosement barrés et franchement insaisissables. 

Prenez Le Ton Mité, par exemple. Le projet solo de McCloud Zicmuse (sic), un Américain à Bruxelles, est de prime abord assez déconcertant : une collection de mini chansons, à l'instrumentalisation aussi minimale que bricolée, avec de rares paroles à propos de la météo ou de la nourriture. Un homme qui va au bout de ses idées. J'ai rencontré le bonhomme place Flagey autour d'un verre. Il était charmant et riait comme un enfant. Je n'en attendais pas moins de sa part. 



INTERVIEW LE TON MITÉ

Je ne sais pas vraiment comment commencer cette interview en fait. Je pense que c’est parce que je ne sais pas comment te présenter. Je ne sais même pas comment dire en une phrase qui tu es. Qui es-tu ?
En une phrase, je ne sais pas, non. Je sais qui je suis, merci Dieu ! Mais si je devais penser à le dire en une seule phrase, il aurait fallu que tu me le demandes une semaine avant. Dans le contexte de l’interview, je suis interviewé comme un musicien. Sous ce contexte je serais sûrement interviewé en tant que Le Ton Mité, qui est mon projet solo. [pause] J’ai commencé à écrire un truc l’autre jour, ça s’appelle "le contre rock". Parce que le rock’n’roll est basé en quelque sorte sur la jeunesse éternelle. Et donc au final c’est toujours décevant à la fin parce qu’on fini par vieillir, ou notre corps ne peut pas rester jeune pour toujours... Je ne pense pas que je fais de la musique pour les vieux, mais je ne pense pas non plus être engagé dans l’esthétique rock’n’roll. Je l’ai été et je le serai à nouveau peut être. Mais ça semble être une déception certaine. C'est quelque chose qui promet l’orgasme éternel. Donc je ne suis pas anti rock, je ne veux pas détruire le rock, mais "contre rock", comme la contredanse. Une façon de dire que je suis en opposition avec quelque chose, mais que je ne veux pas que ça soit détruit. Je ne suis pas rock. Je suis "contre rock".

Tu es un Américain qui a déménagé en Europe et vit aujourd'hui à Bruxelles, pourquoi ?
J’ai loupé mon avion en 2006.
Vraiment ?
Je devais retourner aux Etats-Unis.
Et tu as raté ton avion et t’es dit que c’était un signe ?
Oui. (rires) J’ai loupé mon avion parce que j’ai loupé mon train qui allait à l’avion.
Ou alors tu l’as fait exprès ?
Disons que j’ai laissé faire. En fait, à l’époque j’étais à Bordeaux et j’ai vu un nuage dans le ciel qui était en forme de la côte ouest française, avec la Gironde et tout. Et je me suis dit "Ok, peut être que je devrais rester."

3.3.14

Ministère du redressement productif

La France est coincée dans la crise, Marine explose les scores, la peur de l'Autre grandit, le coq est mort. Mais des caves françaises sortent encore de grands crus. La "nouvelle scène française", terme simpliste qu'on utilisera pour définir la clique de Born Bad Records, Teenage Menopause, la Grande Triple Alliance Internationale de l'Est et consorts nous gratifie depuis quelques années de disques brillants. On aime beaucoup ces groupes, sans en parler énormément sur TEA, alors on répare le mal avec une playlist plus que non exhaustive. Une mise en bouche histoire de dire que la France se porte bien, parfois, merci. 



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"Lady Wilde" - Jack of Heart
"Quattro Stagioni" - Cheveu
"Überschleiss" - Scorpion Violente
"Enfonce-toi dans la Ville" - Noir Boy George
"Too Many Questions" - Frustration
"Misunderstood" - JC Satan
"Bet That Song Sounds Good On TV" - Catholic Spray
"Away" - Jessica 93

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26.2.14

[Les fans] Photos dédicacées


Le dossier sur les fans touche à sa fin et nous sommes plus qu'heureuses du succès qu'il a eu. On en a même été un peu étonnées avant de réaliser qu'au final, c'était assez compréhensible. Même ceux qui n'ont jamais adulé un artiste se sont déjà posé la question : c'est quoi, être fan ? Pas vraiment facile d'y répondre, puisque cela touche chacun différemment. Mais il touche, c'est certain, au plus profond et chacun s'y retrouve, à sa manière. Ce qui ressort le plus de nos témoignages, quand même, c'est qu'être fan, c'est comme une histoire d'amour à sens unique. C'est un début de relation où la personne aimée rayonne et envahit nos pensées. Ici, on n'attend pas de tendres caresses, de grandes déclarations passionnées ou des petits bisous dans le creux de la nuque. Mais il ne faut pas décevoir, il y a des canons à respecter. Et parfois, la confiance est perdue et l'amour s'en va, brutalement ou par étapes. Pour clore le sujet, nous avons encore six petites histoires d'amour, ou encore six anecdotes de fans, comme vous voudrez.

Loraine, 22 ans, Fribourg
Quand les premiers films Harry Pottersont sortis, j’ai craqué sur Rupert Grint, aka Ron Weasley. J’avais environ 13ans et ma vie tournait autour des sorciers de Poudlard. A l’époque, je lisais régulièrement le magazine One, dans lequel ils donnaient les adresses des stars du moment. Avec ma soeur, nous avons donc décidé d’envoyer une lettre à nos acteurs britanniques chéris. Ayant toujours eu un faible pour les méchants, elle a écrit à Tom Felton, qui jouait le rôle de Drago Malfoy.

Dans ma lettre à Rupert, j’ai partagé ma passion pour Harry Potter et mon affection pour son personnage. Je me suis présentée et j’ai bien insisté sur le fait que, comme lui, je suis rousse (je pensais être originale parce que les roux sont plutôt rares en Suisse). Rupert Grint ayant été nominé comme pire acteur de l’année, je pensais qu’il n’avait pas de fans et qu’il recevait peu de lettres. Pour moi, c’était évident : j’avais le profil de la fan idéale et j’allais recevoir une réponse de sa part.

Un ou deux mois plus tard, toujours pas de nouvelles. Ni de Rupert, ni de Tom. Un jour, ma soeur a reçu une lettre d’Angleterre : c’était l’hystérie. Tom Felton lui avait envoyé une lettre et une photo de lui. Folle de jalousie, je suis allée chercher le courrier deux fois par jour pendant la semaine qui a suivi. Mais je n’ai jamais eu droit à ma photo.

Rupert Grint, j’étais une fan aimante, dévouée et solidaire... et tu as brisé mon coeur.

24.2.14

[Les fans] Slip ou caleçon ?

Pour notre dossier sur les fans, on a demandé à des gens de nous raconter comment ils vivaient la chose.


Propos et images : Guillaume
Mis en texte par la TEAm

"J'avais quinze ans quand on m'a copié une cassette de Violator. A l'époque j'écoutais que de la merde. C'est le premier groupe un peu sérieux que j'ai écouté. J'ai vu qu'ils jouaient à la Patinoire de Bordeaux. Je crois que c'est le seul groupe étranger qui a rempli deux soirs de suite la Patinoire. Et ça a été mon premier concert. Après, je les ai revus à l'album suivant, Songs of Faith and Devotion... Et là le chanteur avait complètement changé de look, il avait le look un peu à la Jésus, cheveux longs, sûrement gras... J'ai fait pareil mais un peu plus tard, quand j'ai eu plus confiance. 

Après il y a eu un gros blanc de quatre ou cinq ans. Dans les années 90 Depeche Mode c'était un peu passé de mode. J'ai continué à les écouter tout en m'ouvrant à d'autres choses. A l'époque c'était dur d'avouer qu'on pouvait aimer à la fois des trucs comme PJ Harvey, les Thugs, et Depeche Mode. Ils avaient vraiment une réputation de ringards. J'assumais pas trop de le dire. C'était pas très avouable.