L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

11.6.15

[GUEST] Why the Fuck? Pourquoi et comment regarde-t-on de la pornographie ? Partie 1

Le web à gorge profonde me fascine et provoque en moi un flot d’interrogations. Une immense partie de l'internet est peuplée de contenus pornographiques dont l’audience est énorme. Et même si j'évolue dans un milieu où parler de sexe est loin d'être tabou, je constate que dévoiler les méandres de ses visites en navigation cachée n'est pas toujours aisé. J’ai donc décidé de poser quelques questions autour de moi à travers un questionnaire en ligne afin de faire ma propre petite étude anthropologique maison.

POURQUOI ET COMMENT REGARDE-T-ON DE LA PORNOGRAPHIE? 
Partie 1
par Clitorine
Source : Actual Food Porn
Le questionnaire
J'y ai compilé toutes les questions qui me trottaient dans la caboche. A noter que pour simplifier, j'ai étendu la définition de la pornographie à tout contenu comportant des images de personnes nues. Vous pouvez le consulter et y participer en suivant ce lien, vos réponses serviront peut-être de matière à un nouvel article, qui sait ?
Au total, j'ai récolté pour ce papier 34 réponses qui se situent dans une tranche d'âge de 20 à 35 ans, dont 60% sont des femmes. Ce n'est pas faute d'avoir sollicité autant de mâles que de femelles, mais il faut croire que celles-ci étaient plus enclines à répondre. Outre cette inégalité de réponses, vous comprendrez que ces résultats ne sont pas représentatifs des pratiques majoritaires de la société. Cependant, ils permettent d’avoir un petit aperçu de la chose.

6.5.15

Un petit guide de Bruxelles

vue depuis la cathédrale 

En septembre 2012, j'immigrais, petite Française, en Belgique, à Bruxelles, complètement par hasard. Je ne pensais pas y rester longtemps, et puis finalement, sans crier gare, je suis tombée amoureuse de la ville et ai décidé d'y rester, au moins pour un temps. Ça fait bien longtemps qu'on ne vous avait pas proposé de guide sur TEA, et comme je remarque que de plus en plus de mes connaissances décident d'y faire une visite le temps d'un week-end, je me suis dit qu'un petit topo s'imposait. Voici donc, en toute subjectivité, un petit guide de Bruxelles.

la périphérie

Une ville, une région
Petit précis géographique tout d'abord. Quand on parle de Bruxelles, on parle surtout de la Région bruxelloise. Une des trois régions de Belgique avec la Wallonie et la Flandre. La Ville de Bruxelles en elle-même est vraiment toute petite, et vous aurez vite fait de la quitter pour vous retrouver dans une autre des communes qui constituent la région. L'agglomération de Bruxelles, composée de 19 communes, est, comparée à Paris, franchement vivable, avec un tout petit peu plus d'un million d'habitants. Une capitale à taille humaine. Beaucoup de choses peuvent se faire à pied, mais si vous voulez sortir un peu des sentiers battus et du centre touristique, vous devrez sûrement prendre les transports. Chaque commune et quartier a ses lieux de rassemblement, ce qui fait qu'on bouge pas mal mine de rien. 

excepté corbillard

17.4.15

"Allez prends ma main, dis moi des merveilles, ..."

Après une longue gestation, il est arrivé, soleil, lumière et détente. À point pour le printemps, le fribourgeois Muddy Monk a pondu un album qui fleure bon l'amoureux du sud, la sensualité cliché et tout le tralala banana banana henrisalvadora. Or, quand reviennent les saintes-glaces, le petit tic de l'avril-ne-te-découvre-pas-d-un-fil, on l'apprécie chaudement, cet Ipanema. Un album love comme Sebastien Tellier, plage comme "les véliplanchises" de Flavien Berger et jazz/bossa nova comme toutes les référence à gratter dans le titre et le nom de l'artiste. En prime, une dose de street cred importée de France étaie l'album. Pour cet ancien fan de hip hop, ça évoque l'amour et le bled. Pour nous, Muddy Monk c'est typiquement ça : un gars du coin qui, si si, fait les choses bien. Pour la découverte, on l'a rencontré au café et discuté musique, angoisses et ambiance sous-marine.

Mini Monk

MUDDY MONK
IPANEMA




16.3.15

Tractopelle

On parle beaucoup des Riot Grrrls ces temps. Les vingt années réglementaires pour un véritable "revival" sont passées, chacun peut y aller de sa contribution. D’un côté, Arte a sorti son documentaire plutôt pas mal samedi dernier, à proximité fortuite avec la journée de la femme (et puis ça tombe bien, en parallèle HBO vient de sortir son trailer pour un docu sur le Christ Kobain, pathos à la pelle). Du côté des initiatives à petite échelle, on retrouve l’équipe de l’excellent Making Waves Zine, qui publie son troisième numéro. Des filles partout, des filles énervées avec des choses à dire, des groupes féminins à tour de bras et des débats sur le harcèlement, le féminisme, le porn plus respectueux et l’égalité au goût du jour. Le timing semble parfait.

En marge de la sortie du documentaire sur Arte, le Nouvel Obs a publié un article relevant la forme "particulière" de communication et de propagation du mouvement : le fanzinat. Micro-éditions papier, "beaucoup de zines sont des confessions, des sortes de journaux intimes publics. Les filles y font leur coming-out, ou racontent des histoires d’inceste, de viol, d’anorexie... Ce sont des lieux d’entraide, des “safe spaces” où elles peuvent se livrer sans risque." cite la journaliste. Skyblogs de l’avant internet, les fanzines de ces filles souvent hyper jeunes servent à créer un réseau tout en encourageant chacun(e) à faire quelque chose de ses mains et avec ce qu’il y a dans les têtes.

Bien sûr, le phénomène n’est pas nouveau dans les années nonante et il n’a pas complètement disparu aujourd’hui. Tout amateur de musique ou d’art a déjà rencontré un fanzine. De nombreuses expos, collectifs et festivals les mettent à l’honneur. Il y a dans ces impressions une sorte de fantasme romantique : on va faire un truc entier, un truc concret, un "journal" fait maison avec Indesign ou de la colle et des ciseaux. Or, bien souvent, les fanzines "modernes" sont plus orientés vers le dessin, la photo ou la BD. Au dernier Monstre festival à Genève par exemple, sur les deux-trois étages de stands couverts de publications toutes plus jolies les unes que les autres, seul un mini pourcentage proposait des textes, souvent bien engagés comme ci-dessous :

6.3.15

“The present circumstance, you can change it, you’re absolutely free”

Ça fait longtemps qu'on n'a plus parlé tout simplement de groupes sur TEA, avec la vocation d'un blog de musique qui évoquerait ses nouvelles/anciennes passions. Une tendance aujourd'hui réparée puisqu'au gré de programmations audacieuses, on se retrouve encore avec bonheur à tomber sur des groupes inconnus et complètement géniaux. La dernière en date :

ABSOLUTELY FREE
"On était en tournée avec toutes nos affaires dans notre van, c'était déjà tard le soir et les conditions étaient mauvaises. Au bout d'un moment on a carrément dû s'arrêter tellement il y avait de brouillard. On a passé plusieurs heures coincés là, à ne rien pouvoir faire. Ça fait partie de ces moments hors du temps." c'est ainsi que Matt King, tout transpirant après son concert au Bad Bonn, m'introduit ses paroles éthérées de la chanson "Beneath the Air", une sorte de balade psyché-à-la-Tame-Impala au clip tout dessiné :


Plus romanesque tu meurs. Nous venions de discuter de l'importance qu'on accorde aux paroles des chansons et comment lui les conçoit pour ses compositions. La réponse ne casse pas des briques : en gros, les paroles sont importantes pour lui, même s'il est difficile d'avoir l'assurance nécessaire pour les scander. Qu'il se rassure, la plupart de ses évocations poétiques se fondent dans la masse sonore des compositions. A mon goût, ce qui fait avant tout le charme d'Absolutely Free, c'est plutôt ces changements de rythme, d'une lourde tendance martiale vers quelque chose de plus éthéré slash voyage intergalactique comme ici :